Une matière incroyablement précieuse pour l’habitat

La laque végétale utilisée en Asie est une substance liquide extraite d’un arbre. L’archéologie montre qu’elle fut utilisée dans un premier temps pour ses qualités protectrices : elle durcit, imperméabilise, ignifuge et est antifongique. 

Les architectures chinoises étant des constructions très légères, donc peu résistantes aux intempéries, au feu, et aux nombreux séismes dont doit faire face cette partie du continent, les charpentiers de l’époque utilisent la laque pour recouvrir et consolider les bâtiments, et s’en servent comme revêtement pour la pierre, la brique et le bois, luttant également contre la moisissure, dans ce pays fort humide. 

Cette matière hygiénique étant utilisée par l’ensemble des classes sociales, les empereurs définissent très vite des lois de construction dans des ouvrages comme le recueil de cinquante volumes de l’empereur Yong-Thing. Dans la Chine Ancienne, seuls les murs des palais impériaux et des temples pouvaient être laqués en rouge. Ayant recouvert les poutres et charpentes de leurs demeures en laque, et pour se différencier du reste du peuple, les plus riches font incruster de l’or, de l’ivoire, ou encore de la nacre, sur les éléments apparents.

À l’extérieur, les tuiles demi-cylindriques des demeures étaient recouvertes de laque, non seulement pour protéger de la pluie, mais également pour créer, à l’extérieur, une homogénéité entre les différents toits et produisant un effet surprenant grâce aux reflets du soleil. 

Les murs porteurs et panneaux mobiles des maisons bourgeoises étaient également recouverts d’une laque noire, dont les reflets avaient pour effet d’agrandir les espaces tout en protégeant les intérieurs. Des incrustations d’or, motifs illustratifs, nature, scènes de vie, sentences de Confucius, pouvaient orner l’habitation. 

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