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Un régime pour devenir immortel

Selon les principes de la religion bouddhiste et l’Utopie de Maïtréya, des rituels funéraires se développent en Orient. Maïtreya serait le prochain Bouddha qui réside actuellement dans le Palais
Céleste de Tusita. Il descendra sur Terre dans cinq milliards sept-cent-soixante millions d’années. Le monde se transformera alors en un vaste paradis où la longévité humaine sera de quatre-vingt- quatre-mille ans. Afin d’y accéder, il faut procéder au Nyûjô, qui consiste à se maintenir dans un état d’esprit religieux stabilisé en s’asseyant par terre, jambes croisées, comme le Bouddha, sans bouger aucune partie du corps, retenant son souffle, et évitant tout battement du coeur. Le Nyûjô est différent de la mort en ce sens qu’il est un état mental de concentration absolue où le corps est complètement immobile et devient donc éternel. Le bonze peut alors attendre Maïtreya durant des milliards d’années, durée proche de l’éternité. 

Les moines bouddhistes, afin de solidifier leur corps et de le conserver hors de putréfaction, procèdent à une auto-momification de leur vivant. Durant cinq années, ils suivent un régime de fruits, d’herbes, et de laque. Le corps se déshydrate, l’urushi l’immunise contre les bactéries et les parasites responsables de la décomposition. Le bonze meurt en méditation, dans la même position que le Bouddha.

Au Japon, ce rite de la momification est pratiqué depuis le Xe siècle. Le dernier prêtre à avoir été momifié ainsi est le moine Bukkai, mort en 1903. Le récit du voyage de Hiuan Tsang (602-664) montre que ce type de momie existait dans l’Inde antique, bien que l’on n’en ait aucune trace matérielle.