Exotic desires

Désirs exotiques

First Portuguese navigators to set foot on Chinese soil in 1513 and Japanese in 1543 were quick to bring back to Europe objects and other representations of the Asian art de vivre, until then unknown in the West.
Distant lands fascinate. They provoke daydreams and fantasies. These objects, unloaded by the hundreds, evoke unknown paradises, luxurious perfumes, tender climates.

In 1686, the king of SIAM (present-day Thailand) went to Versailles. Among the sumptuous gifts he gave to Louis XIV, the marvelous lacquerware from Japan would quickly influence the taste of the court. Magical landscapes, animated by waterfalls, birds and unusual flowers seem to come to life through the lacquer.

In order to be adapted to the trends time, cabinet makers added a base to this ceremonial furniture. Their architectural structure is very heavy and emphasized by the gilding. The use of decorative motifs borrowed from Antiquity such as the lion's head or paws contrasts with the lightness and finesse of the raised lacquer cabinet. The decorative ensemble is intended to express the omnipotence of Louis XIV.

The chest of drawers, a creation attributed to André-Charles Boulle, consists of a broadly rounded frame housing two large drawers. In order to add the highly coveted lacquered decors of the time, cabinetmakers cut Japanese lacquers on the surface. They replicate them on the furniture they have created, in Western tastes, shapes and uses.

In 1680 at the request of one of the presidents of the Compagnie Française des Indes Orientales for the Marquise de Sévigné, a secretary was sent to Japan to be lacquered there. This is
the first example of decorated French furniture in Asia.

Vernis Daggly in Holland and the Vernis Martin in France will then be invented and used on the ceremonial furniture, allowing Europeans unlimited creativity.

Les premiers navigateurs portugais à avoir posé le pied sur les sols chinois en 1513 et japonais en 1543 n’ont pas tardé à ramener en Europe des objets et autres représentations de l’art de vivre asiatique, jusqu’alors inconnu en Occident.
Les contrées lointaines fascinent. Elles provoquent rêveries et fantasmes. Ces objets, débarqués par centaines, évoquent des paradis inconnus, des parfums luxueux, des climats tendres.

En 1686, le roi de SIAM (actuelle Thaïlande) se rend à Versailles. Parmi les somptueux présents qu’il offre à Louis XIV, les merveilleux laques du Japon vont rapidement influencer le goût de la cour.
Les paysages féériques, animés de chutes d’eau, d’oiseaux et de fleurs inhabituels semblent prendre vie à travers la laque.

Afin d’être adaptés à la mode de l’époque, les ébénistes ajoutent un piètement à ce mobilier d’apparat. Leur structure architecturale est très lourde et soulignée par la dorure. L'utilisation des motifs décoratifs empruntés à l'Antiquité comme la tête ou les pattes de lion contraste avec la légèreté et la finesse du cabinet de laque surélevé. L’ensemble décoratif est destiné à exprimer la toute-puissance de Louis XIV.

La commode, création attribuée à André-Charles Boulle, est constituée d’un bâti largement ventru abritant deux vastes tiroirs. Afin d’y ajouter les décors laqués très convoités à l’époque, les ébénistes découpent, en surface, les laques japonais. Ils les replaquent sur les meubles qu’ils ont créés, aux goûts, formes et usages occidentaux.

En 1680 à la demande de l’un des présidents de la Compagnie Française des Indes Orientales pour la Marquise de Sévigné, un secrétaire est envoyé au Japon afin d’y être laqué. C’est le premier exemple de meuble français décoré en Asie.

Les Vernis Daggly en Hollande et les Vernis Martin en France seront ensuite inventés et utilisés sur le mobilier d’apparat, permettant aux européens une créativité illimitée.